Les Trésors du Pays de Salm

Le dimanche 23 juin, a eu lieu l’inauguration des Trésors du Pays de Salm à Bêche.

C’est donc en cette belle journée ensoleillée que les marcheurs étaient accueillis à 8h30 à la Salle de la Rouge-Rie à Bêche pour se lancer à la découverte des particularités locales.

Il s’agit d’un parcours de 9,5 km sillonnant les vestiges archéologiques de la région, initié par le comité des fêtes de Bêche.

Au total, 8 panneaux installés par les Rangers Trientale présentent le patrimoine de la région de Bêche. :

Les trois premiers panneaux présentent la carrière d’arkose située au-dessus de Salmchâteau. L’arkose est une roche beige qui a été exploitée pendant des milliers d’années, on peut voir les meules en arkoses datant du Moyen-Age ainsi que les galeries menant aux salles d’extraction.

A L’arrêt suivant, offrant une vue panoramique sur Vielsalm et Rencheux,  on y retrouve le camp celtique. Ensuite, successivement on peut voir les ardoisières de Cahay et puis les tertres d’orpaillage (recherche d’or). Le circuit se termine alors par la chapelle de Bêche et le célèbre Musée du Coticule.

Une messe s’est ensuite tenue à Bêche avant de lancer les festivités à la salle.

Pour arriver à la partie académique, où le premier à prendre la parole fût le président de la Rouge-Rie, Jean-Marie de Backer, qui a expliqué le projet et sa naissance.

Ce fût ensuite au tour du bourgmestre, Elie Deblire, également président de l’ASBL Les  Hautes Ardennes, de prendre la parole. N’ayant pu réaliser le parcours le jour-même, il s’était rendu sur les lieux la vielle à vélo pour découvrir les différents panneaux. Il a longuement félicité les Rangers pour leur travail, et notamment pour la difficulté à placer les panneaux dans certains chemins.

Enfin, Bruno van Eerdenbrugh, initiateur du projet et Régis Berleur, encadrant des Rangers, ont pris la parole avant de clôturer le discours inaugural.

Pour la petite anecdote, deux de ces panneaux ont été placés dans la pente de la Bossette (au-dessus de Salmchâteau) par les Rangers. Cette pente étant forte et longue, les Rangers n’ont pas su tout faire le même jour et se sont donc contentés dans un premier temps, d’amener les sacs de ciment et de creuser les trous. Quelle fût leur surprise, le lendemain, lorsqu’ils ont découvert qu’un trou avait été rebouché avec des pierres et un autre avec le sac de ciment laissé sur place… Il leur a donc fallu refaire le travail une deuxième fois.

 

 

Si vous souhaitez réaliser le parcours, voici l’itinéraire que vous pouvez télécharger et imprimer :

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Focus sur l’activité Théâtre !

INTERVIEW DE MARYSE

Qu’est-ce que l’activité Théâtre ?

L’activité Théâtre existe depuis 1990. On a commencé l’activité alors que nous étions toujours au Foyer La Hesse, nous n’étions pas encore rassemblés tous à Rencheux. A l’époque on devait préparer un spectacle pour Mascarade à Bastogne. Ensuite on a continué l’activité et on a été invité à gauche et à droite pour présenter ce que nous faisions. J’ai eu assez vite un groupe conséquent donc j’ai demandé à être épaulée par un second éducateur. C’est Sabine Goossens qui est venue nous aider pour l’animation. On changeait le thème chaque année ou tous les deux ans. L’activité a toujours eu beaucoup de succès.
Dans l’activité théâtre, il y a le respect : on ne se coupe pas la parole, on doit écouter les autres… Au fil du temps, la population participante a changé. Certains bénéficiaires sont partis, d’autres nous ont rejoint. On reste cependant un groupe d’environ 15 personnes. Certains participent depuis plusieurs années, comme Marie-Josée, et en général ceux qui viennent dans l’activité y restent de nombreuses années ! Désormais, l’activité théâtre a lieu une demi-journée par semaine, le mercredi matin. Lorsque nous avons un spectacle à présenter, on demande la semaine précédente pour augmenter la fréquence afin de bien se préparer. Tout ce que nous présentons a été créé à partir des demandes des acteurs. Auparavant, Véronique animait l’activité avec nous, être trois animateurs était l’idéal. J’anime désormais l’activité avec Stéphane, mais être deux est souvent insuffisant. L’idéal serait que quelqu’un nous rejoigne.

Quels sont les objectifs de cette activité ?

Les objectifs, c’est d’être à l’aise en public et être invités à présenter ce que l’on travaille le mercredi. On va soit à des festivals de théâtre comme mercredi prochain à Petite Chapelle,
soit animer des goûters, des repas…

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Certaines personnes ont des difficultés à se déplacer, on doit alors penser leur rôle en tenant compte, par exemple en leur attribuant un rôle qui nécessite d’être assis sur une chaise. On essaie bien sûr que chacun puisse participer activement au spectacle. Quelques difficultés liées au vieillissement de certains acteurs nous imposent d’adapter notre spectacle et nos attentes, mais cela est normal. Parfois, certains nouveaux acteurs ont des difficultés avec le langage oral, cela exige aussi d’adapter le type de spectacle que l’on veut monter.

Quels sont les projets actuels et futurs ?

Actuellement, on travaille sur un spectacle d’ombres chinoises, et on se rend compte qu’il nous faudra beaucoup de personnes aidantes sans quoi on va devoir simplifier. Le spectacle met en scène des animaux qui sont sur terre et qui sont envoyés sur la lune pendant un an pour tester la vie là-bas. L’histoire raconte leur adaptation à la vie sur la lune, leur rencontre avec les Luniens… Le spectacle sera sûrement présenté aux équipes des Hautes Ardennes et peut-être aux familles par la suite.

Benoît Gérardy :

L’activité théâtre présente plusieurs intérêts pour les participants. Elle permet un travail sur la reconnaissance et l’expression des différentes émotions. Plusieurs usagers participent également à la ‘construction’ du spectacle, ce qui leur permet sans doute d’ajouter certains éléments personnels, en lien avec leur histoire, peut-être même certains éléments enfouis de leur vécu. Il y a en outre un intérêt évident à toute forme d’expression, qu’elle soit scénique, corporelle, verbale. Cela participe de manière générale à un épanouissement personnel.
L’activité théâtre a dernièrement bénéficié des conseils de Delphine Noël (centre culturel de Marche), sous forme d’une supervision. Cela a aidé le groupe à aller davantage dans une forme d’improvisation. C’est une vraie avancée, dans le sens où cela invite davantage l’expression libre et la créativité des participants, que les capacités cognitives (mémorisation, …), défaillantes chez la plupart. Le dernier spectacle auquel j’ai assisté, à l’occasion de la représentation Mascarade, va clairement dans ce sens.
L’atelier théâtre collabore régulièrement avec d’autres activités expression (percussions, chant, danse) ou avec l’atelier créa-recycl. Il s’inscrit dans une logique de ‘projet’, en ayant un objectif clair (le spectacle), qui est réactualisé annuellement. Il a la chance de s’appuyer sur deux animateurs dynamiques et pleinement investis (Maryse et Stéphane), ce qui participe à la motivation et l’implication des nombreux participants !

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Focus sur l’activité Boccia

INTERVIEW DE JULIE

Qu’est-ce que l’activité Boccia ?
Le Boccia, c’est une pétanque adaptée. Elle se joue assise, en équipe de 3 joueurs. Il y a une équipe bleue et une équipe rouge. Ils jouent avec des balles semi-molles en cuir et le but est de se rapprocher du cochonnet qui s’appelle le “Jack”. L’activité a commencé en septembre 2016 quand on a créé notre club sportif HAViMA. On a commencé assez vite puisqu’on s’était fixé le challenge de s’inscrire au championnat de Boccia la même année.
On a vu une belle évolution. Au début ce n’était pas évident mais après mon absence de 20 mois, j’ai été stupéfaite de voir l’amélioration de certains. J’anime cette activité le lundi après-midi pour une équipe qui participe au championnat. Le vendredi matin, c’est à la base un entraînement sans but de compétition pour le moment, mais certains bénéficiaires ont vraiment bien évolué.

Quels sont les objectifs de cette activité ?
Rien que le fait de concourir avec d’autres institutions via le championnat leur apporte beaucoup. Donc c’est avant tout des rencontres. C’est aussi une fierté personnelle de voir l’évolution et de participer au championnat. On travaille aussi la précision avec eux.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?
On n’a pas vraiment rencontré de difficulté, que ce soit dans la création ou dans le déroulement de l’activité. Au départ, on s’était fixé le challenge de créer une activité d’un sport collectif, ce qui n’existait pas chez nous. Avec Maxime, qui s’y connaissait bien en sports, on a créé l’activité Floorball. Cela ne s’est pas poursuivi, sans doute les consignes étaient trop compliquées et donc peu adaptées. Pourtant lorsqu’on a créé HAViMA, on voulait vraiment trouver une discipline dans laquelle les bénéficiaires pourraient accrocher. L’activité Boccia est une activité qui est adaptée à tout le monde puisque même les personnes voiturées peuvent y participer, avec l’aide d’une rampe. Donc, dès qu’on nous a présenté le Boccia, on a très vite accroché et ça a bien fonctionné.

Quels sont les projets actuels et futurs ?
On participe au championnat une fois par mois. Cette année, on a 4 équipes qui participent dont 2 qui sont très bien placées dans le classement. Le championnat a lieu de septembre à juin et il y a une trentaine d’équipes qui participent à chaque fois. Pendant les championnats, ce sont les éducateurs encadrants qui arbitrent. Ainsi, on est aussi actifs. En plus de ça, on a d’autres championnats indépendants qui se rajoutent comme celui auquel on participe dans deux semaines.

Benoît Gérardy :
Le 19 mai 2015, nous terminions une réunion d’évaluation post-SOB par cette conclusion : « il y a relativement peu d’esprit d’équipe entre nos participants. Ne devrions-nous pas créer chez nous des sports d’équipe afin de favoriser cet esprit collectif ? »
En 2016, nous avons créé le club HAViMA, et très vite est née l’activité Boccia, grâce au dynamisme de Maxime et Julie.
Nous avons la grande chance de bénéficier d’une salle de sport à Rencheux, cette activité n’est donc pas tributaire du climat. Elle est par conséquent proposée de manière ininterrompue durant toute l’année. « L’esprit et le corps étant les outils premiers des sportifs », il s’agit pour chacun de s’engager dans un dépassement … parfois au-delà des limites que leur impose le handicap. Cette notion de performance (parfois de victoire) participe donc sans doute à une meilleure acceptation de soi, de ce corps, parfois source de souffrance ou de dévalorisation. Ceci est sans doute encore plus vrai pour les personnes voiturées, car ce sport se déroule assis, il place à « égalité » les participants voiturés et les autres.
Enfin, la pratique d’un sport, non seulement favorise le bien-être physique et psychologique, mais est aussi socialisante. La participation aux compétitions est, par définition, l’occasion de rencontres. Ces rencontres confrontent « à l’autre », et nécessitent d’intégrer les notions de fair-play, de dignité dans la défaite et d’humilité dans la victoire. Ces compétitions sont aussi l’aboutissement du travail réalisé lors des entraînements, elles ajoutent tout simplement un sens aux efforts et dépassement, fournis tout au long de l’année.

 

 

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Les Hautes Ardennes engagent !

 

L’Asbl Les hautes Ardennes engage un(e) infirmier(e).

Découvrez l’offre d’emploi ci-dessous :

Offre d’emploi infirmière

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Focus sur l’activité Doigts Magiques

INTERVIEW DE MARIE, EMILIE, VIVIANNE, LAURA

 

Qu’est-ce que l’activité Doigts Magiques ?

L’activité a été créée en 2008 par Françoise Pirson, qui a été rejointe peu après par Viviane. Doigts Magiques est un atelier culinaire qui a commencé au Foyer, et à cette époque on
faisait « un peu de tout ». Maintenant, on travaille les fruits et les légumes du début à la fin. C’est à dire la cueillette, le découpage, la préparation, la mise en pot, l’étiquetage et la vente du produit. Ainsi, les usagers voient toutes les étapes. On est très axé sur l’autonomie du travail. On les accompagne dans ce qu’ils savent faire, mais on ne fait pas à leur place. On travaille avec des produits frais qu’on va cueillir nous-même, on essaie d’acheter un minimum. Ça nous permet d’aller à l’extérieur en été. Ainsi, on remplit nos congélateurs tout l’été pour avoir du travail en hiver. L’activité a lieu tous les jours, du lundi au vendredi. À chaque fois le matin et l’après-midi. Le nombre de bénéficiaires présents varie très fort, parfois ils sont assez nombreux. Ce sont des groupes composés de personnes aux capacités très différentes, il faut donc trouver du travail adapté pour tous. Chacun fait en fonction de ses compétences.

Quels sont les objectifs de cette activité ?

La finalité principale est la valorisation sociale. Lorsque l’on va sur les marchés pour vendre les produits, les usagers ont un retour direct. Leur travail est donc mis en valeur. Ils ont une énorme fierté lorsque les gens complimentent leurs produits. Un autre objectif est de fournir un « travail », en effet beaucoup disent qu’ils viennent travailler. Cependant, nous ne sommes pas dans une nécessité de production, nous n’avons pas de « quotas » à atteindre, il s’agit donc bien d’une activité et non d’un emploi.

 

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Les plus grosses difficultés sont les normes AFSCA. Il a été nécessaire de se mettre en ordre. Il aura fallu du temps mais maintenant ils ont tous leur tablier, leur bonnet… Ils ont l’habitude : dès qu’ils rentrent dans le local ils lavent leurs mains, travaillent avec des gants… Une autre difficulté, comme évoqué précédemment, est de composer avec des usagers aux capacités différentes. On a parfois des personnes très autonomes avec des personnes qui le sont moins. Il faut donc adapter et expliquer aux plus autonomes pourquoi telle personne travaille différemment. Enfin, nous avons aussi des difficultés avec la partie administrative. Tout doit être encodé et suivi en cas de contrôle AFSCA, accises, …. On s’en occupe la plupart du temps

 

Quels sont les projets actuels et futurs ?

On attend de voir ce que la direction nous réserve pour le futur, par rapport aux locaux, à l’aménagement des sites…. Ici, le local devient trop petit pour ce que l’on fait. Nous n’avons pas la place de stockage nécessaire. On privilégie les marchés d’été, pour des raisons de climat, mais aussi parce qu’on constate qu’on vend davantage. Les marchés à Farnières rencontrent du succès, par contre ceux de Noël beaucoup moins, nous les avons laissé tomber. Et maintenant, les acheteurs savent où se trouve notre local, et viennent directement acheter les produits à l’endroit où on les fabrique. C’est une autre forme de valorisation pour les bénéficiaires qui peuvent montrer leur travail. C’est d’ailleurs valorisant autant pour nous que pour les participants, car on a un retour direct des acheteurs. Pour nous, animatrices, cet atelier Doigts magiques est une manière de joindre l’utile à l’agréable, c’est intégrer notre hobby à notre travail. Au final nous trouvons tous notre compte à être ici !

 

Benoît Gérardy :

Cet atelier rencontre un beau succès, beaucoup d’usagers sont demandeurs d’y participer. Cela est lié à l’ambiance qui y règne, mais aussi bien évidemment à la qualité des réalisations, génératrices d’une reconnaissance du public ‘acheteur’.
Je voudrais souligner la motivation des animatrices, en permanence à la recherche de nouvelles recettes à tester, la gamme des produits proposés s’enrichit d’ailleurs sans cesse. Cette créativité permet de s’adapter, afin d’utiliser ce que la nature donne chaque année, et cela crée un dynamisme, qu’une simple visite dans les locaux permet de constater. La qualité de ces fins produits de bouche est aussi le résultat de cette implication et de cette recherche constante.
L’atelier Doigts Magiques a nécessité beaucoup de démarches pour se conformer aux différentes normes. Désormais, il dispose d’une autorisation « Activités ambulantes » émanant du SPF Economie, pour pouvoir vendre sur les marchés, d’une autorisation AFSCA pour fabriquer et vendre ces produits alimentaires, d’une mise en conformité et une autorisation des Accises pour la fabrication et la vente des liqueurs.
Pour l’avenir, le succès rencontré nous oblige à chercher une solution leur offrant davantage d’espace pour travailler, stocker et vendre. Utiliser les anciennes cuisines de notre nouveau site (MRS St Gengoux) est une option, qu’il est cependant encore prématuré de confirmer.

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Focus sur l’activité Percussion

Qu’est-ce que l’activité percussions ?

L’activité percussion en elle-même a commencé en 1999 et se fait en deux groupes. J’ai un groupe le mercredi après-midi de 8 personnes avec qui on travaille une forme d’orchestration. Chaque bénéficiaire a un instrument différent et on essaie d’orchestrer de façon à donner une musique finale assez complète et pas simplement un seul rythme commun à tout le monde. Pour ça, il faut un minimum d’aptitudes à savoir mémoriser, ils doivent aussi savoir s’écouter les uns les autres pour pouvoir jouer ensemble. Il y a donc tout un apprentissage didactique. Il faut également apprendre à écouter l’autre pour pouvoir jouer ensemble de façon harmonieuse.

Le jeudi, c’est tout à fait différent. Je mets toute sorte d’instruments à disposition, des batteries, des tam-tam, tout ce dont ils ont envie de jouer. Il s’agit ici d’expression brute, de défoulement. Par exemple, des sourds-muets participent à cette activité, ils ressentent les vibrations. Il ne s’agit pas d’un apprentissage en tant que tel mais ça leur permet de s’exprimer comme ils l’entendent. Toutes les dix minutes, ils changent d’instrument de manière à ce que tout le monde puisse aller sur tous les instruments.

C’est donc deux groupes différents avec des approches totalement différentes.

Quelles sont les objectifs de cette activité ?

Le jeudi, l’objectif est de leur donner un lieu d’expression brute, où ils font en quelque sorte ce qu’ils veulent. Mais s’ils demandent à apprendre quelque chose, je leur apprends. Sinon, les instruments sont à leur disposition. On essaie juste d’avoir un rythme de base semblable. L’objectif du mercredi, comme je l’ai dit précédemment c’est apprendre à écouter l’autre, à jouer ensemble. C’est apprendre des bases, de la technique, c’est un cours en soi.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

La plus grosse difficulté, c’est le local. On n’a pas de local propre. Donc à chaque fois, il faut qu’on déménage les instruments qui s’abîment avec le temps. Au début, j’avais aussi des difficultés avec l’homogénéité du groupe. J’avais à l’époque tous les types de population en même temps et avec des niveaux différents. C’est donc pour cette raison que j’ai fait deux groupes bien séparés. Sinon, l’activité n’est fermée à personne, tout le monde peut venir, le seul souci est qu’il faut avoir les capacités de monter les escaliers puisque l’activité se fait à l’étage au Foyer. J’avais également le souci du manque de matériel. À l’époque, je n’avais presque rien et il fallait faire avec. Une autre difficulté, c’est le vieillissement des bénéficiaires. Leurs capacités intellectuelles diminuent et donc je dois m’adapter. Je leur donne alors un instrument qui demande moins de technique mais qui leur donne tout de même une place dans le groupe. Et puis il y a les absences aussi, je dois pouvoir coordonner.

Quels sont les projets actuels et futurs ?

J’ai surtout des projets avec le groupe du mercredi. On vient de collaborer avec les activités théâtre et danse pour le festival Mascarade. On a aussi déjà présenté un premier spectacle avec le groupe danse qu’on avait présenté au CEC. Avec le groupe percussion seul, on a fait plusieurs représentations, que ce soit pour Altéo ou autre et selon les demandes, on est disponible. On va peut-être jouer le 3 décembre à Bastogne mais ça reste à confirmer. On a un petit spectacle qui peut durer une demi-heure. Les retours des personnes qui nous ont vu sont relativement positifs. On démontre que la personne handicapée possède pas mal de capacités d’apprentissage et de réalisation de soi. Les gens sont souvent assez étonnés.

 

Benoît Gérardy :

L’activité percussions est née de la passion de Stéphane, il y a déjà presque 20 ans.
Outre les opportunités d’expression que propose une telle activité, les domaines sensoriels qui sont visités, la fonction valorisante qu’ont les représentations publiques, il me semble important d’insister sur l’aspect socialisant de l’atelier, particulièrement celui du mercredi. Jouer, et produire un résultat de qualité, collectivement, n’est pas une mince affaire ! Cela demande, comme l’évoque Stéphane dans son interview, une grande capacité d’écoute et d’attention à autrui. Et donc développe une conscience de l’autre, de sa présence, de son importance, et par conséquent des différences qu’il y a entre « l’autre et moi ». Et cette conscience au contexte, à « l’autre », représente chez certains usagers, on le sait, une réelle difficulté. On peut donc dire que l’atelier percussions, pour cette raison, est très socialisant. Il l’est également par sa dimension collective, et par l’opportunité qu’il donne à rencontrer un public, à se produire à l’extérieur de l’institution.
Concernant les aspects pratiques, et comme nous le rappelle également Stéphane, le local (ou plutôt l’absence de local) est un problème, nous en avons bien conscience. L’endroit utilisé (l’étage au Foyer) n’est pas accessible aux personnes présentant des difficultés de mobilité, et le matériel de l’activité n’est pas sécurisé suffisamment entre les séances. Il y a un projet d’aménagement du local percussions à Rencheux, mais outre le fait que l’espace est actuellement utilisé pour du rangement, il faudrait également prévoir d’importants travaux afin de l’aménager acoustiquement. Et on sait que chez nous, les travaux jugés prioritaires ne manquent pas, ce qui n’a fait que reporter sans cesse le début de ce ‘chantier’. Une échéance pour débuter celui-ci a cependant été fixée à janvier 2019.

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Mascarade 2018

Ce 21 novembre 2018 a eu lieu la 26ème édition de « Mascarade » à Bastogne. Il s’agit d’un événement organisé par l’Asbl Andage, Service d’Accueil de Jour, et qui rassemble chaque année différentes institutions (services d’accueil de jour et service résidentiels).

Au cours de cette journée destinée aux personnes porteuses de handicap mental, différentes animations ont lieu. Pour commencer, une exposition, dont le thème cette année était « Et si vous portiez le(s) chapeau(x) », présentait les différentes réalisations des bénéficiaires. Pour l’Asbl Les Hautes Ardennes, l’équipe Créa Recycl avait participé comme chaque année. Cette fois, 11 résidents ont imaginé “leurs chapeaux rêvés” de laine, de tissus, de plumes, de broches, de fleurs… En passant du chapeau licorne à celui de son enfance, chacun a pu s’exprimer en fonction de ses envies. Une mise en scène permettait aux visiteurs d’essayer les chapeaux et de faire une photo souvenir dans le photomaton mis à disposition.

L’après-midi, chaque institution présentait un spectacle au grand public. Que ce soit en dansant, en chantant ou encore en présentant une pièce de théâtre, chaque groupe a su instaurer de la gaieté dans le public. Chaque démonstration était suivie par une animation musicale assurée par Quai Raffût. Nos groupes théâtre, danse et percussions s’étaient associés pour offrir un spectacle sur le thème de la pluie. Nous sommes en Afrique, la sécheresse commence à se faire sentir… On ne sait plus cultiver. Les villageois n’ont plus le choix, ils vont voir le sorcier en espérant que celui-ci trouve une idée.

La journée s’est ensuite clôturée par un goûter suivi de la remise des trophées et des souvenirs. L’ASBL a remporté la deuxième place pour le prix du spectacle. Un tout grand bravo à eux !

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Focus sur l’activité équitation adaptée

INTERVIEW DE WENDY ET GAELLE, ÉDUCATRICES

Qu’est-ce que l’activité équitation adaptée ?
On se rend généralement à l’équitation avec 4 usagers, Dimitri, Mathias, Dominique et Pascal. À leur arrivée, les cavaliers vont tout d’abord correctement se vêtir afin d’être en accord avec l’activité. Puis arrive le premier contact avec les chevaux, les amener au manège, les brosser et si les cavaliers montent, mettre les selles et les brides. Avec cette première approche on peut voir la future relation du cavalier avec sa monture, voir ses craintes, ses découvertes, son étonnement ; on participe à une relation sensorielle et relationnelle entre les cavaliers et leur monture. Nous utilisons divers jeux de postures, lever les bras, toucher les oreilles du cheval, utiliser des cerceaux, des balles… Développer la confiance mutuelle entre cavaliers et chevaux. Les participants apprennent à diriger le cheval, à l’arrêter. Cela stimule à la fois la posture, la mécanique du mouvement et l’équilibre. Quand il fait mauvais, on fait des jeux sur la piste mais quand il fait bon on va se promener à l’extérieur. On est à chaque fois 3 éducateurs, parce qu’on a besoin d’être suffisamment pour assurer la sécurité. Pour certains bénéficiaires, il faut un éducateur qui tient le cheval et un autre à côté pour veiller au bon maintien et à ce que le cheval reste calme.

Qu’est-ce que l’activité apporte aux bénéficiaires ?
L’équitation adaptée est une activité de sport, de mouvements en groupe. Le cavalier apprend à monter à cheval et il n’y a pas de but thérapeutique en soi. L’usager va développer de la confiance en soi et de l’estime de soi. Il va apprendre à définir ses propres possibilités et ses limites. C’est aussi un entraînement physique pour le corps. La communication, verbale et non verbale, joue aussi un rôle important. Ce qui est important dans la manière de travailler, c’est que l’accompagnant crée un climat où la sécurité physique et mentale est stimulée et garantie.

Quelles sont les difficultés d’une activité pareille ?
C’est la crainte. La première fois qu’ils viennent à l’activité, ils ont souvent peur. C’est un animal qui est grand, qui peut être effrayant, qui peut être imprévisible. Les bénéficiaires ont donc peur d’aller vers lui et il faut le temps qu’ils prennent confiance. Le premier contact est donc important. Il faut bien prendre le temps au moment du brossage de créer un premier contact et voir s’il passe ou pas. On adapte aussi le cheval à la personne. Si quelqu’un a des problèmes d’équilibre, on ne va pas lui mettre un cheval vif.

Quelles sont les projets de cette activité ?
Notre projet à long terme, c’est que les bénéficiaires évoluent. Durant cette année, nous avons vu une évolution de certaines personnes qui ne savaient pas diriger un cheval. Maintenant, ils ont des points de repère et ils savent diriger le cheval seul. Ils se découvrent des compétences qu’ils ignoraient. Notre projet à long terme c’est donc leur évolution et qu’au fur et à mesure, ils s’en sortent seuls. Et pourquoi pas, ne plus avoir à les aider en tenant leur cheval.

 

Dominique A. : « Au fil du temps et parfois en raison de contre-indications médicales, quelques personnes n’ont plus la possibilité de pratiquer l’équitation adaptée. Suite à cela, l’activité
accompagnement équitation adaptée a été proposée pour répondre à un besoin, une envie : pouvoir garder le contact avec les chevaux sans oublier le plaisir de partager un moment passé au grand air en pleine nature. Par la suite, d’autres bénéficiaires ont rejoint ce groupe de 5 à 6 personnes. L’éducateur qui accompagne peut également prêter main forte aux animateurs de l’activité équitation adaptée afin d’aider au bon déroulement de la séance. Par exemple, en veillant à ce que les cavaliers et accompagnants soient prêts en temps voulu, avec les équipements adéquats, vêtus correctement en fonction de la météo. Lors des balades sur la voie publique, il aide également à assurer la sécurité du groupe en fermant la marche. »

 

 

 

Benoît Gérardy :
Après une interruption de plusieurs mois, les séances d’équitation adaptée ont pu reprendre cet été , et se déroulent désormais tous les mardis AM et PM, pour autant que le climat le permette bien évidemment ! Le matin, il faut prévoir deux accompagnants par cavalier. Ce sont donc Gaëlle André, Julie Marmoy, Corinne Vanden et Wendy Monfort qui se relaient, en plus de l’animatrice de l’ASBL « Les chevaux de Blanche-Fontaine ». Il y a également un groupe de quelques usagers qui accompagnent le groupe des cavaliers, mais surtout pour profiter du contexte (le manège et les chevaux, ainsi que la possibilité de se balader). Ils sont accompagnés par Dominique Archambeau et Thibault Bielande. L’après-midi, Cécile Hubert accompagne seule le groupe, il s’agit en effet de cavaliers plus confirmés, ayant un meilleur équilibre.
Les séances se déroulent au manège couvert à Blanche Fontaine. Comme c’est en bordure du RAVeL « Vielsalm-St Vith », elles peuvent être complétées par des balades sur ce réseau, en toute sécurité. Pour rappel, c’est également à Blanche Fontaine que Norvic, le cheval appartenant aux Hautes Ardennes, profite d’une retraite paisible (et de nos caresses le mardi !). On parle donc ici d’équitation adaptée et non d’hippothérapie, car il n’y a pas de plan thérapeutique individuel formalisé (comme c’était le cas jadis), ni de thérapeute qualifié présent lors des séances. Ce sont surtout les objectifs de coordination des réflexes, d’équilibre, de développement psychomoteur et physique, et de confiance, qui sont travaillés. Cette activité complète notre panel des activités sports/mouvements, elle est désormais reprise dans le cadre d’HAViMA. Elle était auparavant une discipline des SOB à laquelle nous participions chaque année. Les séances d’hippothérapie sont, par contre, confiées à l’ASBL « L’autre Emoi », et se déroulent les mercredi AM (projet Arc en Ciel) et PM (projet Accompagnement Adapté). Elles feront l’objet d’un article ultérieur dans FOCUS ….

 

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Journées d’échanges des 23 et 24 novembre 2017

 

Les 23 et 24 novembre 2017 a eu lieu une journée d’échange basée sur le thème « Intimité et sexualité en institution : mythes et/ou réalités “.

L’idée était donc d’organiser des journées d’échange réunissant à la fois les professionnels des « Hautes Ardennes » et ce, tous métiers confondus, ainsi que des familles et des professionnels d’autres institutions afin de nous recentrer sur notre pratique et y chercher une cohésion tout en s’ouvrant à d’autres pratiques, d’autres idées.

Découvrez sans plus tarder le résumé de ces deux journées.

Hautes Ardennes – Journées d’échanges des 23 et 24 novembre 2017 – résumé des échanges

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Focus sur l’activité Gym-Kiné

INTERVIEW DE PHILIPPE ET VIRGINIE , KINESITHERAPEUTES

Qu’est-ce que l’activité gym-kiné ?
L’activité gym-kiné, c’est avant tout un grand éventail d’exercices. Pendant une heure, les participants ne s’arrêtent pas mais les exercices sont variables. Nous commençons par des échauffements des bras et des jambes… Ensuite, suivant le temps et le groupe, nous faisons des étirements, des exercices plus analytiques de chaque membre ainsi que des exercices plus globaux, comme un circuit. Ensuite, on passe aux jeux : par exemple, des jeux de ballons et de cerceaux qui demandent un peu plus de réflexion et de coordination. On utilise aussi la mémoire, les participants doivent citer le prénom de la personne à qui ils vont lancer la balle. Ce n’est pas un exercice facile puisque tous ne connaissent pas les prénoms des autres. Nous varions également les consignes. On passe ensuite vers d’autres jeux comme « le renard qui passe » dont ils sont très demandeurs. On finit ensuite chaque fois par de la relaxation pour calmer les esprits.
L’activité date de 2009. Il s’agissait d’une demande du service médical et éducatif qui visait les bénéficiaires qui n’avaient pas de séance de kiné mais qui avaient besoin de bouger et de faire de l’exercice.

Qu’est-ce que l’activité apporte aux bénéficiaires ?
L’activité apporte plus de mobilité, plus de coordination et d’équilibre à tout le monde. Généralement, lorsque l’on fait de l’exercice, on travaille les jambes et on oublie les bras alors que ceux-ci sont vraiment importants, dans la respiration notamment. Et puis l’exercice physique en lui-même est important puisque ça permet de se sentir mieux dans sa peau, d’avoir moins mal, d’évacuer l’énergie excédentaire, d’avoir envie de bouger plus… Parfois les bénéficiaires ne bougent pas de la journée, ils restent assis dans leur activité. Ça limite les mouvements et ça enraidit.

Quelles sont les difficultés d’une activité pareille ?
La partie comportementale est l’une des plus grosses difficultés puisque nous ne sommes pas vraiment formés. Parfois, certaines personnes ne veulent pas faire l’activité juste parce qu’elles se sont disputées avec quelqu’un avant. Il faut donc pouvoir gérer. Il y a aussi les difficultés physiques de certains qui ne savent pas rester debout, n’ont pas d’endurance, ou ne peuvent pas transpirer… C’est purement médical mais ils doivent s’arrêter. Il faut donc pouvoir tenir compte, pour chacun, de leurs paramètres médicaux et comportementaux et adapter en permanence l’activité. C’est plus compliqué avec les personnes qui ne savent pas tenir debout puisqu’il faut s’en occuper en faisant une activité plus particulière tout en gérant le reste du groupe. Ce n’est donc pas toujours facile, mais on essaie que tout le monde participe et s’amuse quand même.

Il est dommage que tous les bénéficiaires ne participent pas car ça fait du bien à tout le monde. Mais certains n’aiment pas les activités physiques car il faut bouger et donc, changent d’activité.

 

Benoît Gérardy :
L’activité Gym-kiné se déroule tous les jeudis matin, durant une heure. Cependant il y a deux groupes constitués, donc dans les faits les participants en bénéficient une fois tous les 15 jours.
Cette activité de ‘mobilisation’ est encadrée par deux kinés, et est donc complémentaire aux autres activités de mouvement (sport, balade, natation, équitation, …), animées par les éducateurs.
Nous avons la chance de bénéficier de la salle DOJO, ce qui permet d’inclure des exercices nécessitant un espace vaste, et cela permet à Virginie et Philippe de proposer des jeux motivants. Cela
contribue aussi à une chouette ambiance ! Je pense également qu’il faut continuer à stimuler, régulièrement, un maximum d’usagers à participer aux activités sportives ou à ces séances gym-kiné, car la vie en institution est pour beaucoup très sédentaire. On peut donc parler aussi de prévention à deux niveaux, dans le sens où c’est non seulement une manière de préserver la santé, mais également un exutoire pour les tensions accumulées !

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