Focus sur l’activité Percussion

Qu’est-ce que l’activité percussions ?

L’activité percussion en elle-même a commencé en 1999 et se fait en deux groupes. J’ai un groupe le mercredi après-midi de 8 personnes avec qui on travaille une forme d’orchestration. Chaque bénéficiaire a un instrument différent et on essaie d’orchestrer de façon à donner une musique finale assez complète et pas simplement un seul rythme commun à tout le monde. Pour ça, il faut un minimum d’aptitudes à savoir mémoriser, ils doivent aussi savoir s’écouter les uns les autres pour pouvoir jouer ensemble. Il y a donc tout un apprentissage didactique. Il faut également apprendre à écouter l’autre pour pouvoir jouer ensemble de façon harmonieuse.

Le jeudi, c’est tout à fait différent. Je mets toute sorte d’instruments à disposition, des batteries, des tam-tam, tout ce dont ils ont envie de jouer. Il s’agit ici d’expression brute, de défoulement. Par exemple, des sourds-muets participent à cette activité, ils ressentent les vibrations. Il ne s’agit pas d’un apprentissage en tant que tel mais ça leur permet de s’exprimer comme ils l’entendent. Toutes les dix minutes, ils changent d’instrument de manière à ce que tout le monde puisse aller sur tous les instruments.

C’est donc deux groupes différents avec des approches totalement différentes.

Quelles sont les objectifs de cette activité ?

Le jeudi, l’objectif est de leur donner un lieu d’expression brute, où ils font en quelque sorte ce qu’ils veulent. Mais s’ils demandent à apprendre quelque chose, je leur apprends. Sinon, les instruments sont à leur disposition. On essaie juste d’avoir un rythme de base semblable. L’objectif du mercredi, comme je l’ai dit précédemment c’est apprendre à écouter l’autre, à jouer ensemble. C’est apprendre des bases, de la technique, c’est un cours en soi.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

La plus grosse difficulté, c’est le local. On n’a pas de local propre. Donc à chaque fois, il faut qu’on déménage les instruments qui s’abîment avec le temps. Au début, j’avais aussi des difficultés avec l’homogénéité du groupe. J’avais à l’époque tous les types de population en même temps et avec des niveaux différents. C’est donc pour cette raison que j’ai fait deux groupes bien séparés. Sinon, l’activité n’est fermée à personne, tout le monde peut venir, le seul souci est qu’il faut avoir les capacités de monter les escaliers puisque l’activité se fait à l’étage au Foyer. J’avais également le souci du manque de matériel. À l’époque, je n’avais presque rien et il fallait faire avec. Une autre difficulté, c’est le vieillissement des bénéficiaires. Leurs capacités intellectuelles diminuent et donc je dois m’adapter. Je leur donne alors un instrument qui demande moins de technique mais qui leur donne tout de même une place dans le groupe. Et puis il y a les absences aussi, je dois pouvoir coordonner.

Quels sont les projets actuels et futurs ?

J’ai surtout des projets avec le groupe du mercredi. On vient de collaborer avec les activités théâtre et danse pour le festival Mascarade. On a aussi déjà présenté un premier spectacle avec le groupe danse qu’on avait présenté au CEC. Avec le groupe percussion seul, on a fait plusieurs représentations, que ce soit pour Altéo ou autre et selon les demandes, on est disponible. On va peut-être jouer le 3 décembre à Bastogne mais ça reste à confirmer. On a un petit spectacle qui peut durer une demi-heure. Les retours des personnes qui nous ont vu sont relativement positifs. On démontre que la personne handicapée possède pas mal de capacités d’apprentissage et de réalisation de soi. Les gens sont souvent assez étonnés.

 

Benoît Gérardy :

L’activité percussions est née de la passion de Stéphane, il y a déjà presque 20 ans.
Outre les opportunités d’expression que propose une telle activité, les domaines sensoriels qui sont visités, la fonction valorisante qu’ont les représentations publiques, il me semble important d’insister sur l’aspect socialisant de l’atelier, particulièrement celui du mercredi. Jouer, et produire un résultat de qualité, collectivement, n’est pas une mince affaire ! Cela demande, comme l’évoque Stéphane dans son interview, une grande capacité d’écoute et d’attention à autrui. Et donc développe une conscience de l’autre, de sa présence, de son importance, et par conséquent des différences qu’il y a entre « l’autre et moi ». Et cette conscience au contexte, à « l’autre », représente chez certains usagers, on le sait, une réelle difficulté. On peut donc dire que l’atelier percussions, pour cette raison, est très socialisant. Il l’est également par sa dimension collective, et par l’opportunité qu’il donne à rencontrer un public, à se produire à l’extérieur de l’institution.
Concernant les aspects pratiques, et comme nous le rappelle également Stéphane, le local (ou plutôt l’absence de local) est un problème, nous en avons bien conscience. L’endroit utilisé (l’étage au Foyer) n’est pas accessible aux personnes présentant des difficultés de mobilité, et le matériel de l’activité n’est pas sécurisé suffisamment entre les séances. Il y a un projet d’aménagement du local percussions à Rencheux, mais outre le fait que l’espace est actuellement utilisé pour du rangement, il faudrait également prévoir d’importants travaux afin de l’aménager acoustiquement. Et on sait que chez nous, les travaux jugés prioritaires ne manquent pas, ce qui n’a fait que reporter sans cesse le début de ce ‘chantier’. Une échéance pour débuter celui-ci a cependant été fixée à janvier 2019.

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