Focus sur le groupe Aînés

INTERVIEW DE SABINE, ÉDUCATRICE

Qu’est-ce que le groupe “Aînés” et comment fonctionne-t-il ?
L’activité consiste essentiellement à avoir un rythme plus lent, en fonction de l’heure du lever des pensionnaires. Il y a un lever plus tardif, un déjeuner plus tardif également. On essaie de respecter au mieux leur rythme. On a encore beaucoup de nursing avec eux puisqu’on doit accompagner les bains. En général, on est souvent deux avec l’infirmière pour éviter qu’ils n’angoissent, qu’ils ne refroidissent pas, pour mettre un essuie au plus vite sur eux. Pendant ce temps-là, une éducatrice reste pour faire le rangement des chambres puisqu’ils ne savent pas le faire. On n’attend pas d’avoir fini tous les bains pour commencer les déjeuners. Dès qu’un pensionnaire finit son bain, il déjeune. Il ne s’agit pas d’un déjeuner commun. C’est plutôt “à la carte” ! On doit les aider et épaissir puisqu’on a beaucoup de problèmes de fausses déglutitions. Il y en a à qui nous devons donner à manger car ils ne savent plus le faire eux-mêmes. Lorsque les déjeuners sont finis, on essaie de lancer une petite activité pour le matin qui ne débute jamais avant 11h. Il arrive même parfois qu’un bénéficiaire fasse un malaise ou une crise d’épilepsie et dans ce cas-là, on ne sait pas lancer d’activité. Dans ce cas les autres bénéficiaires regardent la télévision ou on leur donne un tricot ou des livres. Avant, on faisait de la stimulation cognitive avec la logopède mais on n’a plus vraiment de candidat apte à le faire. Le repas de midi est un repas accompagné puisqu’on a d’autres personnes qui ont des problèmes de fausses-déglutions qui viennent nous rejoindre afin qu’on puisse avoir un oeil dessus. En général, on est deux éducateurs, un qui donne à manger et l’autre qui surveille. On essaie de manger dans le calme. L’après-midi, eux résidents font la sieste, il y a les mises aux toilettes et puis on fait une petite activité. Le lundi, c’est systématiquement des crêpes, on a un appareil pour mettre sur la table et chacun participe.Le vendredi, maintenant qu’il fait bon, on va à chaque fois dîner à Rencheux pour qu’ils gardent contact avec les autres bénéficiaires qu’ils n’ont pas l’occasion de voir autrement. Sinon, c’est souvent des poses de vernis, des jeux de cartes, aller faire un tour dehors s’il fait beau, voir en cuisine ce qui est prévu pour le midi… On essaie aussi d’aller une fois par an à la Foire à Liège. C’est la grosse activité pour laquelle ils sont très demandeurs. L’autre grosse activité, c’est Banneux. C’est prévu qu’on y aille dans 15 jours mais en fonction d’un malade ou l’autre, ça va peut être tomber à l’eau et on devra reporter. Lorsqu’on a un bus, c’est aussi agréable d’aller faire un petit tour, aller boire une tasse de café, manger une pâtisserie… On peut aussi lancer un sujet, venir avec un livre, parler d’un thème, il y en a qui font aussi des dessins. Les activités sont adaptées à la personne. Mis à part l’activité cuisine, on n’a pas vraiment d’activité commune. C’est
en fonction de leurs envies.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?
En premier lieu, c’est le fait de gérer les maladies. On a parfois des personnes qui sont hospitalisées et ça demande du temps pour les visites. Lorsqu’on est deux éducateurs ça va. Mais lorsqu’il n’y a qu’une éducatrice, ça pose problème car certains bénéficiaires ne peuvent pas être exposés aux microbes auxquels ils sont trop sensibles. Un autre problème est que l’on a souvent des bénéficiaires malades qui intègrent le groupe Ainés pour être au calme. Lorsqu’ils sont fort malades, pour éviter les microbes, on leur demande de rester dans les lieux communs et une éducatrice passe voir si tout va bien toutes les demi-heures. Les lieux nous posent également des soucis. On a des escaliers, on a un peu difficile avec les rampes. Ce n’est pas facile d’accès au niveau mobilité. L’espace est fort petit. Mais on l’aime beaucoup et on ne tient pas à le quitter.

Est-ce que vous avez des projets à court et long terme ?
À long terme, c’est vraiment difficile. Par exemple, on avait programmé une sortie au restaurant en soirée pour fêter les anniversaires mais on a dû annuler. Deux bénéficiaires se sentaient fort fatigués. On va vraiment devoir laisser tomber ça aussi. Peut être essayer d’envisager d’y aller sur le temps de midi ou alors préparer des repas un peu plus festifs mais ici. Par exemple, le lundi soir on cuit des lasagnes ou des pâtes pour qu’ils aient des choses un peu moins ordinaires que des tartines jambon-fromage.

 

Geneviève Noerdinger :
L’accompagnement des Aînés nécessite de se centrer surtout sur des aides individuelles : pour l’habillement, les repas, l’hygiène, les déplacements. L’avant-midi étant plus chargé, malgré le petit groupe on prévoira toujours deux accompagnants. L’après-midi, ce sera en fonction des possibilités, mais on a bien à l’esprit qu’en prévoir deux permet une meilleure prise en charge. Les éducatrices doivent également observer finement chacun, ne serait-ce que pour donner des informations, parfois même alerter, le service médical quand de petits symptômes doivent être pris
en compte. C’est important que ce groupe, comme le Groupe Confort de Bêche, soit ‘basé’ sur le site de vie. Cela permet de suivre leur rythme, sans devoir stresser les personnes pour des raisons d’horaire de bus. Même si parfois, durant l’avant-midi ou l’après-midi, certains pourront rejoindre d’autres activités ou d’autres groupes.

 

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