Chaque mois, l’Asbl Les Hautes Ardennes met l’accent sur l’une des activités qu’elle propose. Ce mois-ci il s’agit du groupe Bien-Être.
Interview de Gaëlle, éducatrice
Qu’est-ce que le groupe Bien-Être ?
Au départ, il s’agissait d’un groupe qui accueillait les personnes polyhandicapées. Il s’agissait beaucoup de personnes voiturées, qui ont des problèmes moteurs et qui nécessitent du nursing. Avec le temps, le groupe s’est ouvert à d’autres handicaps et pas seulement au polyhandicap. Il n’y a pas d’activité programmées à heure fixe. Les activités sont adaptées aux personnes selon leur état physique. On peut s’occuper des plantes, s’occuper des tortues, faire du bricolage, des soins du corps, des massages… On adapte selon les personnes présentes. Parfois, on peut faire des jeux en groupes mais souvent les activités sont individualisées.
L’espace a été conçu avec l’architecte et les éducatrices pour qu’il soit accessible facilement aux personnes voiturées.
Nous sommes présents à l’espace vert tous les jours. En général, nous sommes deux encadrantes mais lorsque l’on a trop de voiturettes, comme par exemple aujourd’hui où on en a trois, cela devient difficile de sortir pour aller se promener. On a donc créé un jardin à côté où les bénéficiaires peuvent circuler.
Quel but poursuivez-vous ?
C’est de maintenir des acquis. On accueille un panel de handicaps, certains ont des acquis, d’autres sont en apprentissage. Notre population est en fait assez hétérogène. On respecte donc leur rythme. La différence avec le groupe confort, c’est qu’ils se déplacent pour venir ici. Ils viennent au « travail », comme le dit Josiane. On essaie aussi de trouver des activités gratifiantes. Par exemple, les invitations pour les crêpes. C’est Brigitte qui les a faites et puis elle est allé les distribuer. C’est donc une fierté.
Quelles sont les difficultés ?
Au début, on partageait le local avec le groupe des personnes autistes. Ça a été compliqué car les personnes autistes ont besoin d’un environnement très cadré alors que les personnes que nous accueillons ont besoin au contraire de beaucoup de stimuli.
Aujourd’hui, ce qui n’est pas facile, c’est de trouver des activités qu’ils peuvent réaliser eux-mêmes. On n’est pas là pour le faire à leur place. On peut les aider mais si c’est pour tout faire de A à Z, ça n’aurait aucun intérêt. Par exemple, pour la dernière exposition, pour laquelle ils ont remporté le premier prix, ils n’ont pas travaillé tous les jours dessus, ils travaillaient quand leur état leur permettait.
Une autre difficulté est de pouvoir adapter le matériel et l’espace pour que les bénéficiaires puissent réaliser leur activité et leurs gestes quotidiens avec un maximum d’autonomie.
Benoît Gérardy :
» Il s’agit ici autant d’un groupe de vie que d’une activité. Les gens restent en général dans ce local-là et exercent plusieurs activités. La population qui y est n’est pas figée puisque certaines personnes ne viennent que par intermittence, lorsqu’elles ont besoin de repos, de calme, de bien-être… Ce que j’apprécie beaucoup dans ce projet, c’est que les animatrices proposent des moments de rencontres et d’échanges avec des personnes hors du groupe, comme lors de l’activité crêpes récemment. »
